Communication
Dans l’état dit « relationnel », l’attention est portée principalement sur l’information plutôt que sur l’interlocuteur. Être en relation signifie être en lien, relié. Il reflète de l’affectivité. Quand deux personnes sont en relation, le comportement de l’une influence celui de l’autre et réciproquement. Dans une relation, chacun est défini par rapport à l’autre et ne peut pas se sentir exister par lui-même.
A l’inverse, dans la communication, l’attention est portée prioritairement sur l’interlocuteur. Mettre l’attention sur lui permet d’être touché par son Être et non affecté par son message. L’état « communicant » reflète une grande chaleur humaine et de la stabilité, il signifie être ouvert à l’autre, en contact, ensemble. L’interlocuteur vu et considéré, se sent exister, et de ce fait devient plus réceptif, plus ouvert à l’information qui circule d’autant mieux.
Pour que l’interlocuteur nous entende il faut d’abord qu’il existe, et pour qu’il existe, il a besoin de reconnaissance.
Exemples de communication dans le quotidien
Julien fume dans le salon, ce qui incommode sa compagne.
Dialogue conflictuel (état dit « relationnel »)
Ghislaine : Mais c’est pas vrai, tu peux pas aller fumer dehors ! Depuis le temps que je te le dis ! Ah, j’en peux plus, tu m’exaspères !
Julien : Non, je vais pas dehors, il fait froid. Oh et puis arrête avec tes histoires ! T’es comme ma mère, t’es insupportable ! Et la fumée, c’est pas grave, regarde ce qu’il se passe dans le monde.
G : Tu m’énerves !!!
Elle part en claquant la porte et s’éloigne en bougonnant.
G : Ahh, quel crétin ! Et c’est encore moi qui dois partir !
Dialogue apaisant (état dit « communicant »)
Ghislaine : A la fois je sens bien que tu as besoin de fumer et à la fois, j’ai vraiment besoin qu’on garde notre espace sans fumée. Comment c’est pour toi ?
Julien : Ouais bon d’accord !
Il se lève et se dirige vers le balcon.
G : Mais attends… Est-ce que tu es vraiment en train de prendre en compte ce qui est juste pour toi ?
J : Ben non. Dans un sens tu as raison, et je ne vois pas d’issue. L’un de nous deux doit forcément céder.
G : Si tu cèdes, je ne suis pas à l’aise, c’est comme si tu te soumets et je ne veux pas cela. Je comprends que tu ressentes un inconfort en allant dehors car il fait froid, mais je souhaite vraiment qu’on trouve une solution qui nous convienne aux deux.
J : Ça me touche que tu souhaites qu’on trouve une solution. Mais on en a déjà parlé, et je me suis engagé à ne pas fumer dans le salon. Ça me frustre un peu de devoir sortir, mais ce n’est pas si grave. Je vais aller fumer sur le balcon. Et puis dans le froid, je fumerai moins ! Merci pour ta considération !
La directrice demande un rapport à son assistant.
Dialogue conflictuel
D : Thomas, le rapport il me le faut dans 2 heures, s’il-vous-plait !
T : Ah euh. Oui bien sûr, mais j’ai peur de ne pas y arriver, j’ai tellement d’autres choses en attente.
D : Mais là c’est urgent, Thomas ! Combien de fois il faut que je vous dise que ces rapports sont urgents ?
T : Ben euh…
D : Quoi ? C’est pas vrai !
T : Bon ben d’accord.
Dans son dos, elle grogne.
D : Ils sont tous pareils, j’en peux plus !
Dialogue apaisant
D : Thomas ?
T : Oui
D : J’ai besoin du rapport assez rapidement, pouvez-vous le faire d’ici 2 heures ?
T : Euh, le problème c’est que j’ai un rapport à faire pour l’autre département, en plus de tout le reste.
D : D’accord ! En effet vous avez beaucoup !
T : Oui, en effet !
D : Comment pourrait-on faire ?
T : Je crois que l’autre rapport est moins urgent. Peut-être pourrait-on voir avec Mme Dupont ?
D : Ah oui, excellente idée ! Je l’appelle tout de suite. Merci beaucoup. Je vous tiens au courant.
Thomas se sent reconnu et respecté. Il en est d’autant plus motivé. Le rapport revient dans la demi-heure.
Un enfant de 3 ans est proche d’un chien qui aboie fort. Le parent prend l’enfant dans ses bras.
Dialogue conflictuel
P : N’aie pas peur, tout va bien.
L’enfant pleure et enfonce sa tête dans l’épaule de son parent.
P : Je t’assure, tout va bien. Oh, regarde l’oiseau, là !
L’enfant continue à pleurer et reste apeuré.
P : Arrête de chouiner. Si tu continues, on rentre à la maison.
L’enfant sanglote, retient ses larmes et se recroqueville.
P : Oh, mais ça va, c’est pas grave. Regarde, il n’est pas si méchant le chien.
L’enfant regarde dans le vide.
Dialogue apaisant
P : Tu as peur !?
E : Oui ! Chien méchant !
P : Le chien a aboyé fort. Je comprends que tu aies eu peur.
L’enfant respire profondément, comme soulagé.
E : oui [timidement]
P : Et comment te sens-tu maintenant ?
E : Ça va.
Il sert fort son parent dans ses bras.
E : Jouer au parc ?
P : Oui, on y va.
A retenir
Nous remarquons, dans ces exemples, que l’état relationnel est un mode qui engendre des manipulations telles que : déni, menace, soumission, pression, exigence, minimisation, culpabilisation, humiliation, dénigrement. Cela engendre: tension, renfermement, déshumanisation, démotivation et une distance jusqu’à une annihilation de l’interlocuteur.
A l’inverse, l’état communicant humanise, considère et permet une distinction claire entre les interlocuteurs, ce qui engendre: motivation, considération mutuelle et respect de chacun.