Accompagnement psychologique

La Maïeusthésie permet de découvrir au fur et à mesure d’une séance ce qui appelle du plus profond de soi, pour l’entendre, parfois pour la première fois.

Le chemin n’est pas écrit, mais se révèle à chaque pas, permettant une meilleure compréhension, une plus grande ouverture et une réconciliation avec soi-même.

Exemple d’entretien maïeusthésique

Cette séance se déroule entre un praticien et une patiente qui a peur des hommes

Soignant : Que souhaitez-vous aborder ?
pers. Accompagnée : J’ai peur des hommes, lorsqu’ils élèvent la voix, lorsque je sens leur colère.
P : D’accord. Ça vous fait peur !?
A : Oui.
P : Qu’est-ce que vous ressentez lorsqu’ils sont en colère ?
A : Comme un foudroiement !!!
P : D’accord. Vous avez déjà ressenti ça ?
A : Oui. Quand j’étais petite, je me rappelle que mon père avait donné une fessée à mon frère. J’étais à côté de lui et j’ai ressenti ce foudroiement !
P : Ça a été dur pour celle que vous étiez !?
A : Oui, bien plus que ça ! C’est comme si j’avais été brisée en deux !!
P : [validation non verbale (VNV)]. C’était fort à ce point !?
A : Oui.
P : Vous voyez celle que vous étiez qui se sent foudroyée ?
A : Oui.
P : Dites-lui : « Je vois et je mesure la violence que tu vis. »
Elle le lui dit intérieurement.
P : Comment est-elle quand vous lui dites ça ?
A : Elle se sent moins seule.
P : D’accord, elle se sentait seule ?
A : Maintenant je comprends pourquoi je me sentais tellement seule lorsque j’avais peur, depuis si longtemps.
P : D’accord, alors si vous vous sentiez si seule et dans la peur, je comprends à quel point ça a été si difficile pour vous, depuis si longtemps.
Une larme coule sur son visage.
P : Ça vous touche ?
A : Oui.
P : Qu’est-ce qui vous touche ?
A : C’est la première fois qu’on voit à quel point ça a été difficile pour moi.
P : Ça vous a beaucoup manqué ?
A : Tellement…
P : Dites à celle que vous étiez : « Je mesure à quel point tu as été seule pendant si longtemps. »
A : Ça lui fait du bien, ça remplit son cœur.
P : Ça remplit son cœur !? et vous ?
A : Le mien aussi !
P : Vous pouvez être les deux ensembles, le cœur rempli ?
A : Oui.
P : C’est comment d’être ensemble ?
A : On se sent moins seules.
P : VNV*. Toutes les deux, vous pouvez mettre votre attention sur l’être qu’est votre frère. Comment c’est pour lui ?
A : Lui ça va, un peu mal aux fesses…
Rires.
P : D’accord. Avec celle que vous étiez et votre frère, demandez à l’être qu’est votre père qu’est-ce qui l’a amené à mettre une fessée à son fils ?
A : Il nous répond : « …Si vous saviez !… Moi j’ai reçu des chaises sur la tête ! »
Une larme coule sur sa joue.
P : Ça vous touche !?
A : Oui, c’est la première fois que je peux mesurer ce qu’il a vécu.
P : D’accord dites-lui : « Ça a été difficile pour toi ? »
A : Il dit « oui » en pleurant.
P : VNV*. Tous ensemble, tournez votre attention sur l’enfant qu’était votre père et dites-lui : «Nous mesurons à quel point c’est tellement difficile ce que tu vis ».
A : Il répond : « C’est comme un foudroiement !! »
P : VNV*. Dites-lui : « C’est à ce point-là ! » Comment est-il ?
A : Ça lui fait bizarre qu’on reconnaisse…
P : Tous ensemble, mettez votre attention sur l’être qu’est votre grand-père, et dites-lui : « Qu’est-ce qui t’amène à mettre des chaises sur la tête de ton fils ? »
A : Il est en larmes. Il répond : « J’ai reçu des bombes sur la tête, ainsi que mes proches et tout un peuple… c’était un désastre. »
P : Dites-lui « Ça a été à ce point-là !? » … Comment c’est pour lui ?
A : Il dit : « Enfin on reconnaît ce que j’ai vécu. Je me suis senti tellement seul. »
P : Dites-lui : « Tu t’es senti tellement seul avec quelque chose d’indicible !? »
A : Il dit « oui »
P : Avec lui, tous ensemble, nous portons notre attention sur ce peuple, ses proches et bien plus encore et nous leur rendons hommage.
P : Comment c’est pour ses proches, ce peuple et bien plus encore que nous les voyons et les reconnaissons ?
A : Ils se sentent exister un peu plus.
P : Et pour vous, c’est comment ?
A : Beaucoup mieux.
P : Merci à tous ces êtres.
A : Et vous, comment vous sentez-vous maintenant ?
P : Je comprends.
A : Et quand vous comprenez, vous vous sentez comment ?
Elle pleure…
A : Je me sens comme réunie à nouveau. Et en même temps je me sens en paix.
P : Réunie et en paix. … Ça va pour vous si on s’arrête là ?
A : Oui
P : Merci à vous et merci pour eux.
* VNV: validation non verbale

Il s’agit d’un exemple de séance où sont abordés des parties biographique, intergénérationnelle, transgénérationnelle et trans-personnelle.

L’entretien ci-dessus montre clairement que le symptôme (ce qui amène généralement à consulter) ne se manifeste pas «à cause de», mais «spécialement pour».

Points importants de la Maïeusthésie

  • La Maïeusthésie cherche plus à mettre au monde qu’à guérir.
  • Elle s’appuie sur la pertinence de ce qui se vit.
  • C’est une thérapie par la réjouissance. Lorsque le patient ressent la réjouissance du praticien à le rencontrer dans tout ce qu’il est, c’est profondément apaisant et libérateur. Cet émerveillement du praticien permet la rencontre du patient avec lui-même et celui qu’il a été.
  • La capacité à « ne pas savoir à la place de l’autre » est essentielle en Maïeusthésie. Grâce à des questions adaptées et une posture d’accueil inconditionnel, le praticien se laisse guider par son patient. Dans une confiance indéfectible, il le suit, ne le précède pas et ne prétend pas l’éclairer.
  • Le symptôme (vécu ou ressenti) est comme un rappel de ce qui a été vécu à un moment donné et qui n’a pas été vu, reconnu, entendu. Ce fil conducteur conduit à la rencontre de celui/celle qui a ressenti cela, que ce soit dans son histoire personnelle (biographie), dans son héritage familial (transgénérationnel), voire dans des pans plus universels de l’expérience humaine (transpersonnel).
  • Avec la Maïeusthésie il est habituel d’évoluer au-delà du raisonnement et de la compréhension intellectuelle et de toucher des espaces expérientiels, indicibles voire non-pensables.